Reconversion professionnelle : harcèlement et Burn-Out #1

 

Hey hey hey !

 

« La chute n’est pas un échec. L’échec c’est de rester là où on est tombé. » – Socrate

“Respecter l’autre, c’est le considérer en tant qu’être humain et reconnaître la souffrance qu’on lui inflige.” – Marie-France Hirigoyen

 

J’espère que vous allez tous bien ?! Aujourd’hui je viens vous parlez un petit peu de ma reconversion professionnelle. Comme vous le savez sûrement si vous avez lu mon « qui suis-je ? » (ou cet article), j’ai entamé, l’an dernier un changement professionnel qui m’a conduit à être diététicienne aujourd’hui.

J’ai reçu quelques questions à ce sujet et j’ai donc décidé d’en faire une petite chronique en mode avant/pendant/après la reconversion. Je vais essayer de lister des astuces et conseils pour vous aider éventuellement dans vos projets. Je vais baser mes écrits sur ma propre expérience, évidemment (on ne parle bien que de ce que l’on a vécu), mais cela ne constitue en aucun cas d’une généralité. Mon cas étant quelque peu particulier…

Mais avant de parler de comment j’ai fait ce que j’ai fait, il faut d’abord comprendre pourquoi je l’ai fait…


Pourquoi ai-je changé de métier ?

 

J’ai toujours su, ou du moins j’en étais persuadée, que je n’exercerai pas le même métier toute ma vie. J’aime apprendre, comprendre et découvrir sur tellement de sujets que je trouve cela frustrant de devoir choisir une seule et unique voie et de se restreindre à celle-là. Certains ont la chance de n’aimer qu’une seule chose, et trouve LA voie qui leur correspond, je ne fais pas partie de ceux-là, et je les envie secrètement parfois.

Pour autant, j’ai aimé travailler en laboratoire, vraiment. Sincèrement. C’était extrêmement intéressant, je me sentais utile. J’avais la « chance » de travailler sur un plateau technique (là où on analyse les échantillons), ce sont les postes les plus intéressants, on y fait le « vrai » métier de technicien de laboratoire, celui pour lequel on a été formé.
Mais le métier a changé, les biologistes sont devenus des directeurs d’entreprises, et comme chaque directeur d’entreprise, leurs intérêts ont changés également. Adieu convivialité, sens du devoir/du service et envie d’aider l’autre, bienvenue au rendement, au chiffre et au « toujours plus ».
Pour vous donner une petite idée, quand j’ai commencé (en alternance en 2011), nous nous occupions de 250 dossiers de bactériologie (science des petites bêtes 😉 ) par semaine, quand je suis partie l’an dernier, nous étions à environ 850 dossiers.
La charge de travail a drastiquement augmenté, les heures sup’ également, mais pas le nombre de techniciens, ni le salaire. Mais s’il n’y avait eu que cela… Mais le harcèlement a commencé.

Harcèlement et Burn-Out Rainbow&Runlight

Harcèlement : Méfiez-vous des apparences

Ma chef était un despote moderne. Du genre de ceux dont on ne se méfie pas assez. Perverse.
Lorsque l’on est une femme, on craint souvent les hommes au travail. J’entends par là qu’on entend plus souvent des histoires sur les supérieurs hommes qui harcèlent leurs employées, rarement des femmes. J’ai appris de mes erreurs. Les hommes, du moins ceux que j’ai côtoyé dans le cadre de mon travail, étaient agréables, conciliants et surtout détachés. Trop peut-être. Limites aveugles et sourds, mais surtout muets face aux agissements des autres.
Les « autres », se sont les femmes. Les femmes qui, elles, en revanche, étaient perfides, castratrices, dominantes. Comme si, de peur de ne pas se faire respecter, avaient un besoin pervers de montrer leur supériorité.

Je n’avais rien contre elles, j’ai toujours eu du respect pour mes supérieur(e)s (et les autres également..). Je suis le genre de personne a profondément respecter l’autorité et les règles établies. J’étais l’élève bavarde mais respectueuse, trouillarde du moindre mots dans son carnet. L’adulte du genre à aimer le travail bien fait et qui s’évertue à le faire sans erreur. Dans le médical, ne pas faire d’erreurs est la moindre des choses me direz-vous, mais croyez le ou non, tout le monde n’a pas la conscience professionnelle nécessaire pour ne pas en faire. Certains collègues en ont fait. Ma chef également. Parfois des graves, du genre de celles qui peuvent coûter la vie à un patient. Des erreurs que j’ai eu l’occasion de rattraper quelques fois. Et des erreurs que je n’ai pas commises. (Je ne suis pas parfaite, mais j’ai la conscience tranquille à ce sujet)

Et pourtant j’ai été traitée comme de la m*rde. Traînée dans la boue par une petite chef en manque d’autorité qui avait décidé que « les jeunes ne savent pas travailler ». J’aurai pu écrire un livre sur son imbécillité, son manque de respect et son nombre incalculable de défauts. C’était une personne intellectuellement supérieure à la plupart des gens que je connais, mais tellement émotionnellement vide. Vide de bon sens, vide d’amour, vide de vie, tout simplement.
J’ai été insultée, humilié, rabaissée mais j’ai tenu 3 ans. 3 ans jusqu’à ce qu’elle me pousse à la faute par épuisement. 3 ans jusqu’à ce qu’elle prononce les phrases de trop : « La loi ici, c’est moi. Si vous voulez partir, la porte est ouverte. »

Alors, j’ai suivi son conseil, et j’ai pris la porte. Le soir même ma lettre était rédigée, le lendemain elle était postée. Et je suis partie. Le 10 août 2016. Elle venait de me donner le coup de pied au cul dont j’avais besoin. Et ce fût la libération !

Lettre de démission rainbow et runlight

Burn-out : nouvelle mode ou fin du silence ?

On se dit toujours « ça n’arrive qu’aux autres » ou « je suis ne pas fragile moi ». La réalité est tout autre. Ce que j’ai vécu peut arriver à n’importe qui, mais je ne vous le souhaite pas.

Je ne suis pas ici pour me plaindre, ce qui a été fait est derrière moi, mais j’estime qu’en tenant ce blog, il était important que j’en parle. Que je vous en parle. En toute sincérité.
De plus en plus de monde en parle, mais ce n’est pas une nouvelle mode. Je pense qu’il s’agit de quelque chose d’ancien que beaucoup de monde s’évertuait à taire et qu’il est bon de dénoncer.

Cet article est là pour expliquer ce qui m’a poussé (aidé ?!) à changer de vie. Raconter mon vécu c’est à la fois tourner définitivement la page mais également aider les autres. Comment ? En mettant des mots sur des maux. Je pense sincèrement qu’il faut en parler, briser le tabou pour aider ceux qui en souffrent actuellement ou en ont souffert.
Parler également pour expliquer qu’il n’y a pas de sexe, d’âge, de métier, ou de faiblesse particulière pour être harcelé, ou pour connaître le fameux « Burn-Out ».
Parler pour dénoncer ce qui peut arriver derrière les portes des entreprises.
Plus nous en parlerons, et plus nous seront à même de pouvoir identifier les signes avant coureur.
Alors s’il vous plait, si vous êtes dans cette situation ou l’avez été, parlez-en. Pour vous. Pour les autres.

Qu’on se le dise : NON, le Burn-Out n’est pas une mode inventée par les Bobos, les flemmards, les jeunes, les vieux, les anarchistes, les bien-pensants, les philosophes, les médecins, les psychologues, les faibles ou n’importe qu’elle autre groupe social.

Dans mon équipe, tout le monde était d’accord sur le fait que ses agissements étaient inappropriés et souvent hors du cadre de la légalité. Et pourtant, quand il fallait trouver du monde pour appuyer mes dires, la plupart étaient aux abonnés absents. Les « vieux » protégeaient leurs privilèges, les « jeunes » n’étaient pas jugés « crédibles » et les supérieurs fermaient les yeux sur ce qu’il se passait, c’était « dans ma tête » qu’ils disaient… Rendez-vous compte, 23 ans et folle… Joli tableau !

J’allais travailler la boule au ventre. Je savais à quelle heure je commençais, jamais celle à laquelle je rentrerai. (La semaine précédent ma démission j’avais travaillé plus de 50 heures. Heures que nous n’avions « pas le droit » de rattraper…). J’étais épuisée physiquement, moralement et émotionnellement. J’étais agressive, triste, renfermée, je pleurais pour rien, m’énervais pour rien. Je dormais mal et rêvais de mon travail la nuit. Je me réveillais en sursaut pensant avoir mal fait/oublié des choses. (Quand je l’ai signalé, on m’a répondu en rigolant « c’est normal ça, vous avez une conscience professionnelle ahah »). Nous n’avions pas le droit de parler (ils ont posé des plexiglass entre nos paillasses pour empêcher cela), d’aller boire, pour ne pas devoir aller aux toilettes. (J’ai même eu droit à une lettre d’avertissement pour « bavardages »)

Le sport ne me suffisait pas. Lui qui avait été mon salut pendant longtemps, ne me permettait plus d’évacuer mon stress. Au contraire, il était devenu une source d’angoisse supplémentaire. J’étais confronté à ma fatigue et mon incapacité de progresser. J’ai enchainé les blessures bêtement.

Le jour où j’ai annoncé à mon chef que j’avais envoyé ma démission, il était dubitatif. Il m’a demandé pourquoi, et je lui ai dis. Je lui ai raconté ce qu’il savait déjà et taisait depuis le début. Il m’a juste répondu « parlez lui avant de partir, vous savez, le problème, c’est que toutes les deux vous êtes extrêmement perfectionnistes, mais pas sur les mêmes points. Et puis, elle n’a pas eu une enfance facile. ». Alors voilà, on en est encore là. « L’enfance difficile » explique tout, justifie tout, pardonne tout. Pas pour moi, désolée.

Qu’on se le dise tout de suite, on n’est pas crédible de dire que l’on fait un Burn-Out à 20 ans. On nous prend pour un petit branleur qui ne veut rien faire de sa vie. Un enfant pourri gâté. Une fille à papa trop sensible. (La tendance change pourtant…)
J’étais folle et intolérante en plus. Mais la vérité, c’est qu’après mon départ, 5 personnes ont suivi. Et avant moi 14 personnes étaient parties. Je n’étais pas aussi seule comme a voulu le prétendre… Cela m’a rassuré d’un côté, ce n’était pas MA faute, je n’étais pas inapte à exercer mon métier ni inadaptée au travail. Mais cela n’a pas enlevé la douleur de l’échec. Parce qu’il s’agissait d’un échec à l’époque pour moi. J’étais en CDI, et j’ai dû partir parce que j’étais faible. Je n’ai pas réussi à encaisser ou empêcher cela d’arriver. Je l’ai laissé prendre le dessus. Puis j’ai réfléchie, j’ai pris du recul sur cette situation et j’ai compris. J’ai pensé et pansé mes plaies.

Elle m’avait dégouté du métier, et le labo c’était fini pour moi. Il me fallait autre chose. Signer un nouveau départ. Et pour cela il fallait changer de métier pour tourner la page. J’avais tenu bon, le temps de trouver ce que je voulais vraiment faire.

Et c’est comme ça que j’en suis arriver à reprendre le chemin de l’école, mais je vous raconterai ça au prochain post, ça ferait trop d’un coup sinon ! 😉

Blouse rainbow&runlight

Voilà, j’ai écris ici les prémices de mon changement de vie. La genèse de ma renaissance. C’est beau n’est-ce pas ? Et triste aussi, quand on y pense…

 

Avez-vous déjà été confronté à ce genre de situation ?

Comment avez-vous réagit ?

Prenez soin de vous

 

 

NB : J’ai discuté dernièrement avant certains anciens collègues. Parmi les départs enregistrés, 7 ont changés de voie ou sont en train de le faire, marquant une envie de tourner définitivement la page. Une m’a avoué ne pas avoir réussi à « oublier » ce qu’elle avait vécu. Elle est jeune et se sent dégouté de ce métier. Elle veut changer de vie mais sait, je cite, « au fond d’elle même qu’elle n’oubliera jamais ce qu’elle a vécu là-bas ».

NB 2 : Cet article n’est que le reflet de mon vécu personnel et n’est en rien exhaustif.

Publié par

24 ans, diététicienne overbookée mais passionnée; de sport(s), de découverte(s), et bien d'autres encore, vous accueille dans son univers parfois décalé mais parfaitement ancré dans ses runnings ;)

16 commentaires sur « Reconversion professionnelle : harcèlement et Burn-Out #1 »

  1. Bonjour.

    tout d’abords merci pour votre témoignage et bravo pour votre parcours.
    à vous lire, j’ai l’impression que c’est mon histoire ! j’ai vécu cette situation en 2016 avec une cheffe se prenant pour un dictateur africain et faisant plié tout le personnel, mais à l’inverse de vous, j’avais 30 ans, de l’expérience et un fort caractère : je l’ai fait plié avec une grande délectation, la voir souffrir comme elle nous faisait souffrir était un pur bonheur pour nous le petit peuple du labo. :

    je me suis syndiqué, je me suis présenté au élection syndical du labo, je suis devenu délégué du personnel et ensuite délégué national de mon syndicat, j’ai constitué un dossier contre elle avec des enregistrements des menaces téléphoniques, des preuves de mails, des sms de collègues, des enregistrements de nos discussions houleuses, de mes nombreux rdv avec la drh et les directeurs, j’ai même enregistré le médecin du travail..

    j’ai joué à l’inspecteur gadget pendant 1 ans. 1 ans de souffrance où elle a tout fait pour que je démissionne avec des changement d’horaire de poste à la dernière minutes mais 1 ans aussi où je l’ai rendu complètement dingue avec mes activités syndicales.

    j’ai pris un avocat, donné tous les éléments de mon enquête, je peux vous dire, qu’il avait les crocs, surtout que c’est un labo leader en région parisienne , qui brasse des millions.

    j’étais en très bon terme avec la direction , le pdg, les directeurs et le drh, eux aussi étaient dépassé par cette femme car elle était délégué syndical (qui ne défendait que ses intérêts personnel), responsable du plateau technique et connaissait tous leur petits secrets,

    ils étaient pieds et poings liés aussi avec elle. le pdg m’a invité au restaurant pour discuter de manière très officieuse ( je l’ai quant même enregistré à son insu), où je lui tout déballé , toutes mes preuves, les projets de mon avocat, je lui fait écouté certaines choses…. Il était stupéfait et sans voix. mon intention n’était pas de faire du mal au labo, ni de réclamer de l’argent : je voulais qu’elle dégage et qu’elle arrête d’harceler les techniciens, de nous prendre pour des esclaves et de terroriser celles qui n’avaient pas la force de lui résister et qui finissaient par partir ou en burn out ou au bord du suicide.

    Au final, il m’a proposé un très gros chèque et la promesse qu’il se servirait de mon dossier pour lui mettre la pression et que la situation allait changé pour les techniciens. Apres avoir avoué mon enquête et mes preuves, et après cette période où je ne dormais quasiment plus, un ami biologiste m’avait proposé depuis plusieurs mois un poste de responsable d’équipe, mais je voulais mener à bien mon projet.

    j’ai quitté ce labo, la tête haute avec la satisfaction d’avoir fait payé cette sorcière. le mois qui a suivi mon départ, mon ancien pdg m’a appelé pour me dire qu’elle avait remis sa démission et qu’ils etaient en procédure pour faire valider sa demission auprès de l’inspection du travail car elle etait délégué syndical et qu’elle partirai le plus rapidement possible. mes anciennes collègues étaient les plus heureuses du monde

    tout ça pour dire, qu’il ne faut pas abandonner, qu’il faut se battre si on en a la force et qu’il existe des moyens pour recueillir des preuves de harcèlements, moi aussi mes collègues m’ont lâchés car ils avaient peur du retour de bâton car cette femme travaillait au labo depuis 17 ans et que jamais ils n’auraient cru qu’elle partirai. j’avais cet envie indescriptible de nous rendre justice et de faire admettre à la direction que cette femme etait une véritable plaie, autoritaire, sans humanité, sans coeur et raciste malgré le fait qu’elle était d’origine africaine, son but était de remplacer « les blancs » comme elle nous appelait , par des personnes qu’elle pouvait manipuler et plus faibles, car elle trouvait que nous les blancs , nous étions trop procédurières. Ma plus grande chance c’était d’avoir enregistré cette dernière phrase, qui a finie par l’achever.

    battez vous et courage à toutes celles qui vivent ce genre de choses dans leur labo, car malheureusement ,il y en a énormément. Maintenant que je suis responsable d’une équipe de 5 personnes, je fais tout mon possible pour aider mes collègues, je ne me suis jamais considéré comme supérieur à eux, et les choses se passent tellement bien, sans aucun soucis et dans le respect de chacun, malgré le travail tjr stressant.

    bien à vous.

    Sandrine.

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    1. Bonjour Sandrine et merci pour votre témoignage.
      Je pense que celui-ci devrait redonner du baume au cœur, l’envie et la force de se battre pour tous ceux qui se retrouvent dans cette situation.
      De mon côté elle était assez maligne pour ne pas laisser trop de preuves, bien que j’avais pu en récupérer certaines mais malheureusement elle manipulait bien les choses. Je me souviens d’avoir un jour enregistré une « non conformité » à son nom parce qu’elle avait validé et clôturé un dossier comme négatif alors que celui-ci était positif et que j’avais réalisé un antibiogramme. Cette non conformité avait été supprimé, par elle-même… on nous demande de tracer les erreurs pour couvrir le labo et finalement on supprime quand cela dérange.
      Enfin cela me confirme que j’ai bien fait de tourner la page de cette histoire et qu’importe comment je m’en suis sortie, mes collègues qui y sont toujours ont choisi d’y rester et tant mieux pour eux s’ils le vivent bien aujourd’hui. Je suis partie pour moi et non pas pour les abandonner, tout comme ceux qui sont partis avant et après moi. Ceux qui sont restés n’ont pas réellement subit la même chose que nous.
      Bravo à vous pour votre combat et votre courage, je vous souhaite de continuer à vous épanouir professionnellement.
      Bien à vous, Marie.

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  2. Egalement technicienne de labo en milieu hospitalier depuis 20 ans déjà et qui a vu les conditions de travail se détériorer au fil des années. Manque de reconnaissance, surcharge de travail, pas de remplacement, relations humaines inexistantes, plus de pression, l’usine! Egalement je souhaite changer de voie pour me préserver de ce monde qui ne me convient plus. J’adore le sport, le relationnel, aider les autres , je pensais reprendre les études pour
    être dietéticienne. Je souhaites savoir si ce métier était porteur, débouchés? si bts ou dut était difficile à obtenir?
    en tout cas merci pour ton blog, on se sent un peu moins seule …

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    1. Bonjour Melanie,
      Merci pour ton message et désolée pour la réponse tardive…
      J’ai moi même vu les conditions se dégrader en moins de 5 ans (et cela avait même changé par rapport à mon stage d’observation effectué en 3e, soit il y a 12 ans…) donc je rejoins ton ressenti, malheureusement.
      Concernant la diététique, il s’agit d’un secteur plutôt bouché. Beaucoup de diet son sur le marché et il y a peu voir pas de postes disponibles en hôpital. Il s’agit d’un métier relativement récent donc il n’y a pas encore de vague de départ en retraite, ce qui n’aide pas à l’insertion professionnelle. En revanche il y a des secteurs qui recrutent plus « facilement » (tout est relatif évidement) que d’autres, notamment la prestation de santé à domicile. Personnellement j’ai fait 1 an et demi là dedans et je me suis éclatée.
      Ensuite il y a la possibilité de monter son entreprise en libéral, avec toutes les contraintes que cela peut impliquer.
      Les étude ne sont pas spécialement difficiles. L’avantage du DUT est la validation du diplôme car c’est en contrôle continu (enfin nous avions eu deux grosses sessions d’examens), contrairement au BTS où tout se joue sur les épreuves nationales.. Comme j’ai passé le DUT je ne peux pas parler de la difficulté du BTS, qui selon les dires est un BTS très difficile à obtenir.
      Je vais essayer de rédiger, enfin, l’article sur mes études, puisque je reçois souvent la question.
      Je t’en prie, n’hésites pas si tu as des questions !

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  3. bonjour,

    je viens de tomber par hasard sur votre blog en cherchant des idées de reconversion professionnelle pour mon mari.
    lui même technicien de laboratoire et en grande souffrance au travail: manque de reconnaissance, échec d’évolution, et surtout harcèlement sexuel de sa supérieure hiérarchique qui aurait tout d’une parfaite perverse narcissique…
    il est en arrêt de travail depuis 2 semaines, car il ne supporte plus son comportement, il a peur d’elle…et comment prouver tout cela?
    il voit un psy, et je suis démunie pour l’aider.
    il envisage aussi de tout plaquer, mais pour faire quoi et comment s’y prendre?
    et prendre la fuite est ce la bonne solution?

    je serais curieuse de connaitre le laboratoire où vous travailliez et des infos sur votre biologiste, les similitudes m’interpellent.

    bravo pour votre combativité, votre détermination et pour avoir su rebondir
    merci pour votre témoignage
    Diane

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    1. Bonjour Diane,
      Je m’excuse pour le temps de réponse très long et vous remercie pour votre message. J’ose espérer que votre mari a réussi à se sortir de cette sordide situation…?!
      Il est très difficile de prouver cela, il faut des écrits, des enregistrements, des vidéos, des témoins,… tout ce qui peut aider à le prouver doit être gardé précieusement. Il faut partir du principe que sans ça c’est parole contre parole et souvent le bénéfice tant vers le/la chef.fe, malheureusement.
      Il n’y a, je pense, ni bonne ni mauvaise solution. Partir pour aller mieux est une solution louable et rester pour ne pas renoncer, d’accord mais pas en subissant ce genre de situation !
      Je vous remercie pour votre témoignage et j’espère avoir des nouvelles de votre conjoint.
      Marie

      PS: je ne dévoilerai pas le nom de mon ancien laboratoire mais celui ci était situé en région parisienne, si cela peut vous rassurer/aider.

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  4. Bonjour,

    Tout d’abord, merci pour ce beau témoignage. Je suis moi même technicienne de laboratoire en recherche de reconversion car visiblement c’est partout pareil… Parmi les différentes pistes auxquels je réfléchis, il y avait également le métier de diététicien, j’aurai beaucoup aimé en savoir plus sur votre parcours pour parvenir à vous reconvertir dans ce métier là.

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    1. Bonjour Mélodie et merci pour votre message !
      Pour être diététicien.ne il y a deux possibilités : le BTS ou le DUT. Personnellement j’ai choisi l’option DUT Génie biologique option diététique et j’ai réussi, par équivalence, à intégrer directement la deuxième année !
      C’est un métier avec assez peu de débouchés mais très intéressant !
      J’espère avoir répondu à votre question, n’hésitez pas si vous avez besoin de plus d’informations !

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  5. Bonjour,

    Ma femme est également technicienne de laboratoire et je retrouve ici pas mal de similarité avec ce qu’elle voit dans son travail malheureusement. Les cadres et biologistes traitent souvent les techniciens de façon hautaine et assez méprisante, probablement en pensant être plus intelligents / utiles / instruits qu’eux, c’est assez triste et énervant.

    Cela mis à part, ma femme recherche une éventuelle reconversion (ou spécialisation) permettant d’échapper à cet univers assez lourd. Qu’avez-vous, toi et tes anciens collègues, choisi comme parcours de reconversion ? Y’en a t-il qui ont retrouvé un parcours assez proche du médical (nécessitant pas plusieurs année d’études supplémentaires) ? Avez-vous réussi ?

    Maxime

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    1. Bonjour Maxime,

      Cela m’attriste toujours de lire cela. Le métier de technicien de laboratoire est passionnant et essentiel, il est une « main d’œuvre » absolument indispensable mais malheureusement la course au rendement de certains biologistes leur fait oublier la plus value d’avoir de bons techniciens bien formés et motivés. Ils comprendront un jour l’utilité de notre métier… je l’espère.

      En terme de spécialisation dans le laboratoire il y a le domaine de la qualité mais il faut aimer rédiger des procédures et préparer les audits…
      Il peut également être envisagé de travailler pour les fournisseurs d’automates et de réactifs en tant que techniciens SAV ou technico-commercial. Ces trois « spécialisations », si on peut les appeler ainsi, nécessitaient « juste » d’avoir une licence professionnelle il me semble. Je ne sais où vous habitez exactement mais à l’ESTBA, l’école où j’avais préparé mon BTS sur Paris, sont proposées pas mal de licences pro en alternance, cela peut lui donner des idées.
      En ce qui concerne mes collègues, certains sont restés et font actuellement, tests COVID-19 obliges, des heures assez folles (finir à 3h du matin par exemple au lieu de 22h…). D’autres sont restés dans le même domaine mais en changeant de laboratoire, ou en passant dans le public.
      Une collègue est actuellement en train de préparer une licence dans le commerce il me semble. Un autre avait passé une licence du même type mais est finalement reparti travailler dans les labos.
      Certains ont changé pour devenir infirmiers, ce qui nécessite de refaire 3 ans d’études, et une avait ouvert son école de plongée, choix atypique mais qui lui ressemblait davantage.

      Pour ma part, je suis devenue diététicienne-nutritionniste puis professeure des écoles. Je pense rédiger un article sur le sujet prochainement car je reçois régulièrement des questions sur le sujet. D’ailleurs si mon parcours intéresse votre femme, qu’elle n’hésite pas à me poser des questions, j’essaierai d’y répondre dans l’article, ça sera plus simple pour tout le monde.

      Voilà une petite liste de ce que je sais. Il faut fouiller sur internet il y a vraiment pas mal d’informations sur les reconversions mais avant cela il faut qu’elle sache ce qu’elle veut faire (en gros le domaine et le type de poste aussi) et ce qu’elle est prête à faire pour (reprendre les études, suivre une formation à distance,…). Il y a une grande offre mais il faut s’y retrouver un peu.

      N’hésitez pas si elle a des questions, j’y répondrai avec plaisir 🙂
      Marie

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  6. Un article sur le burn out que javais besoin de lire, et qui en tant que technicienne de labo à bout, avec une direction qui se fiche de nos conditions de travail ( tjs plus de dossiers avec moins de personnel et moins de pause, au point de ne même pas pourvoir aller au wc…) me parle. Merci pour mettre des mots et surtout permettre aux autres de se sentir moins seule, moi s folle de ressentir tout ça.
    Jespère retrouver ma nouvelle voie pro au plus vite.

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    1. Je suis malheureusement « contente » que cet article puisse aider..
      Il y a beaucoup trop de personne qui souffrent en silence et se culpabilisent inutilement.
      Avec les circonstances actuelles, j’ose imaginer la charge de travail que cela incombe et je pense souvent à mes anciens collègues techniciens.
      Le chemin est long et même si on gardera toujours les traces de cette situation, on en guérit.
      Je vous souhaite sincèrement de trouver, outre votre nouvelle voie professionnelle, l’apaisement. N’hésitez pas à me contacter si vous en éprouvez le besoin. Bon courage à vous et donnez moi de vos nouvelles.
      Marie.

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  7. Le burn-out est bel et bien quelque chose de reconnu et c’est bien l’un des maux de notre siècle. Le manque de reconnaissance et l’individualisation font que le travail n’est plus serein. Boris cyrulnik en parle très bien !
    En tout cas, c’est très courageux de faire une reconversion, ca peut être très effrayant ! Donc chapeau ! 😀
    https://la-parenthese-psy.com/

    Aimé par 1 personne

    1. Malheureusement oui… c’est tellement dommage qu’on en soit arrivé à ce genre de choses..
      C’est à la fois courageux et très lâche d’un côté, du moins c’est ce que j’ai pensé au début, j’avais l’impression de fuir un problème que je n’avais pas été capable de résoudre. Mais je préférais prendre le risque de me préserver.. et je n’ai aucun regret !
      Merci d’avoir commenté en tout cas ! 🙂

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